Mon histoire. Chapitre 6

« Oh. Encore combien de kilomètres, là, parce que je pense que j’en ai fait pas mal, déjà… Eh ! J’vois des lumières, un peu, genre… à 300 mètres… Comment j’ai pu être assez bête pour ne pas penser à prendre une bouteille ? Nan mais j’abandonne, là, c’est pas possible, d’être crevée comme ça !

-Pfiou ! Oh, quand j’y repense, à cette période de ma vie, c’était… Invivable, constata Louise, toute seule, à chercher un endroit où dormir, sans rien, sur moi, même pas d’eau ! Ah, j’te jure ! Quand même, faut le faire, hein ! J’ai été super courageuse, pour surmonter ça ! Tu te rappelles, quand je te l’avais raconté, Victor !

-Louise est très avanturière. Mais elle abandonne assez facilement. C’est une mauviette, en fait. C’est ça ? Tu veux passer pour ça ? Hein, MARIA ! Non mais tu n’as pas pris son nom pour rien, ma pauvre ! Tu voulais lui rendre hommage mais là tu lui fais honte, ma vieille !

-Nan mais t’as pété un cable, là, Victor. T’as vu comment tu m’parles ? Ca semble te rammener à tes propres angoisses. Mais on s’en fout, des tes angoisses, O.K ? Arrête de toujours tout rammener à toi, il y a les autres, aussi ! On parlera plus tard, de Môsieur. En attendant c’est moi. Alors tu vas la fermer.

-Nan mais c’est pas de ma faute si t’arrives pas à aimer, si t’arrives pas éprouver d’amour, de sentiments, si t’arrives pas à avoir mal pour les autres, on t’arrose, on t’oublie, jolie môme ! Tu crèveras sans amour, sans aimer, seule ! Parce que t’as toujours été seule ! Mais en quelques sortes, c’est un peu un compliment, parce que ça te prouve que tu es unique : « Qui se ressemble s’assemble ! »

-Mais en fait,… T’es méchant, toi ! Pourquoi tu dis ça ? Tu sais que je suis quelqu’un de très ouverte, et surtout aux critiques de mes fans. Je suis très sensible, mais il faut de la sensibilité, pour être écrivain…

-T’as pas de fans. T’es narcissique. Pour toi, c’est… toi ! Tu veux savoir pourquoi je dit ça ? Bah écoute moi, pour une fois : tout le monde est de la merde, à tes yeux ! Dans ton livre, tu es la pauvre petite princesse victime, qui reçoit une nouvelle robe tous les jours, la pauv’ p’tite victime, qui est obligée de dormir avec les volets fermés, qui est obligée de mettre une serviette pour manger, qui se goinffre, d’ailleurs… Oh, ta mère veut que tu manges ? Ma pauvre ! Mais pourquoi tu ne racontes pas TA vie, dans TA biographie ? Pourquoi tu ne nous raconte pas ce que tu es vraiment ? Une sale narcissique, égocentrique, égoïste, qui ne pense qu’à son cul, qui ne mérite pas de vivre, parce qu’elle préfère sa petite personne, aux 7 autres milliards de personnes qui crèvent de faim, tous les jours ! Tu te casse un ongle ? Oh mais c’est la fin du monde !

-Wow, on n’avait pas dit « pas de gros mots ni de dispute, dans MA biographie ? » Et l’autre, comme un bête, il écrit tout ce que je dit. Victooooor ! Oui, je viens de casser ta radio, oui, c’est moi qui ai mangé tous tes gâteaux ! OUI, je suis en train de crier, d’avertir tout le quartier, parce que je suis folle ! Tu m’entends ? Ecoutes moi, Victor ! Je suis folle ! J’aime me faire mal, et là, tout ce que j’ai envie de faire, c’est de tout casser chez toi ! De crever ton chat ! je veux mourir, Victor, je suis fascinée par la mort. Tu veux que je dise ça, dans mon livre ? Hein ? Je sais très bien, qu’il n’y a pas de petits papillons qui parlent, d’herbe toute verte qui dit « Aïe », quand on lui marche dessus, d’argent qui tombe du ciel, et tout ça, je le sais bien ! Mais… J’ai honte de moi. Je ne veux pas montrer ce qu’est la vraie vie, aux gens, je veux les faire rêver, mes fans, moi. Je veux qu’ils rigolent de mon livre, que ça leurs remontent le moral, qu’ils le recommandent à tous leurs amis ! Je veux les rendre heureux ! je suis fooolle, t’entends ?

-Louise, je… J’en ai marre, de travailler avec toi. Tu me saoules. On a passé des moments merveilleux, ensembles, que je n’oublierai pas, jamais, d’ailleurs. Ils resteront toujours gravés juste là, dans mon coeur. Mais quand j’y repenserai, ça me fera mal. Parce que je t’abandonnes, Louise. Alors qu’on s’étaient promis qu’on ne se perdraient jamais de vue; je… Je ne tiens pas mes promesses, Louise. Tu devrais le savoir, depuis le temps.

Je n’oublierai jamais le jour où on s’est rencontrés, et je me rappellerai de toutes nos petites jalousies, nos petits fous-rires, tes petits amoureux, dont j’étais jaloux, d’ailleurs… Mais je ne vais pas le raconter, ce n’est plus mon travail. Tu es la meilleure chose qui me soit arrivée, dans la vie, et aussi la pire, Louise. Je suis la personne qui connaît le plus de trucs, sur toi, j’étais censé les dires, mais… En fait, en y repensant, tu m’as dit TOUS tes points de vues, tout ce que tu pensais sur ta vie, sur les gens, mais tu ne m’as jamais dit ce que tu pensais de moi. Tu veux me faire plaisir ? Ecris un chapitre, sur moi. Un livre, même. Sur tous les trucs qu’on a fait, ensembles. Ecris tout ce que tu penses de moi. Je l’achèterai.

Je n’ai plus qu’une chose à te dire, qui n’est pas aurevoire, mais…

Je t’aime, Louise.

 

 

*** Le départ de Victor. ***

Ouais, il est parti.

Mon meilleur ami est parti, je me suis faite lâchée. De… Toutes manières j’avais pas besoin de lui, après tout. Non mais c’est fou, ces gens qui se croit indispensables à ta vie. Haha ! Elle est bonne, celle-là ! Je suis quand même Louise de de Guounon, princesse de Milatruie, et fille de Marie-Françoise et Jean-José ! Nan mais j’te jure !

En attendant il faut que je me trouve un autre coéquipier, maintenant…

Mais ! Ne baissons pas les bras, de toutes façons il reviendra ! Je suis indispensable à sa vie ! Non. Personne n’est indispensable à la vie de personne. Et puis d’ailleurs, je m’en fout, des gens ! Je n’ai plus que mon histoire pour me tenir compagnie ! J’avoue, ça craint… Ma seule amie c’est mon histoire. Bref. Au travail.

*** Ma seule amie. ***

J’étais arrivée. Ce n’était pas du tout le même paysage que le village accueillant de Mouloude. On se comprend. C’était… Moche. Vieux. Abandonné. Sale.

-Ehooooo ? Il y a quelqu’un ? Ouhouuuuuu ! Génial. Trou pommé. J’suis bien tombée. En plus ‘y gèle. Pfffff…

-Bonjour. C’est toi, qui crie comme ça ?

-Hum… Euh… Non, tu… Tu as entendu quelqu’un crié, toi ?

-Il n’y a pas de mal, hein, tu as une très belle voix ! Mais… Quel est le nom de celle qui la porte ?

-Euh… Lou… Maria, et… Et toi, tu… C’est quoi, ton nom ?

-Ah, pardon ! J’suis bête ! Baptiste. Cool de te connaître ! Et, euh désolé de te dire ça comme ça, mais… Tu es canon ! ‘Fin, je trouve ! Tu viens d’où, jolie inconnue ?

-Euh, c’est gentil, tu n’es pas mal non plus ! Je… Je viens de… Euh… Poussémin ! Une ville entre Villavallois et Parentoumie ! Hihi !

-Ah, Villavallois ! Je connais ! C’est là qu’habitait ma mère !

-Ah bon ? Alors… Ca existe ?

-Comment ça, « Ca existe ? » ? Viens, entre au chaud, tu vas m’expliquer tout ça, mystérieuse inconnue…

-Mais y a rien à expliquer !

-Jadore les histoires…

-Alors tu vas être servi ! Parce que pour être une histoire…

Deux heures plus tard…

-Woh… Alors… Comme ça, je suis en train de parler à LA princesse de Milatruie ? Waouh… Je… Ne veux pas le croire ! Et tu veux que je sois ton… « Coéquipier », c’est comme ça que tu dis ? On doit certainement apprendre ce mot à l’école… Mais j’accepte !

-Quoi ? Tu ne vas pas non plus à l’école, toi ? Maintenant, c’est à moi, de t’appeler « Mystérieux inconnu »…

-Haha… Je ne suis pas très doué pour raconter les histoires, mais si ça peut te faire plaisir… D’ailleurs, je peux t’appeler Louise ?

-Biensûr !

-Cool… Alors… tu vois, Louise, je n’ai pas vraiment d’histoire, et c’est justement ça, mon histoire. Quand j’était p’tit, je suis née dans la même clinique qu’une fille qui s’appelait Siham. Ah, Siham…
Ma mère est morte en me donnant la vie, alors jusqu’à l’âge de 6 ans j’ai vécu avec mon père. Un jour, ‘y s’ennuyait. Alors il a marché longtemps avec un gosse de 6 ans dans les bras, et un moment il en a eu marre de moi. Alors il m’a posé, et m’a abandonné ici. Quel salaud. Des fois j’aurai aimé que ce soit lui qui meure à la place de ma mère.

-Waouh. Et que vient faire cette « Siham » dans cette histoire ?

-Quelle bombe c’était, cette fille… La vache… On a grandi ensemble, et elle a quitté sa maison pour me retrouver. On est venu la chercher, et elle est partie vivre en Picassie, avec son oncle. Ses parents sont morts dans un accident de voiture. Ca fait deux mois qu’elle est partie, et je me retrouve seul.

-Hum, ah.

-Ouais… Bon ! Au boulot !

-Je venais de croiser le regard de ce merveilleux et super craquant garçon. Lui il m’appris à traire les vaches, et plein d’autres choses sur les animaux. Moi, de mon côté, je lui apprenais des poèmes. Il me parlait sans cesse de cette fille, dont j’étais terriblement jalouse : Siham…

Malgré le vent terrible et le froid inqualifiable, Baptiste et moi nous baignons, dans le magnifique Lac de Monsillon. Il gelait, l’hiver. Trois fois pire qu’en été, alors vous imaginez… On dormait dans une Villa qui contenait 6 chambres, 3 salles de bains, et… Bref, on s’en fout. Il y avait une télé dans ma chambre. Baptiste, lui, avait horreur de la télé. Il la regardait seulement quand il squatait ma chambre pour qu’on fasse « Soirée DVD ».

C’était trop bien ! On faisait TOUT ce qu’on voulait !

Il faisait chauffer la nourriture au feu de bois, et quand ça nous chantait, on s’allongeait au bord du lac et on passaient la nuit là-bas. Je serai restée là-bas jusqu’à ce que mon coeur lâche.

Lui, il adorait aussi. Mais me disait qu’il ne pouvai pas rester là éternellement, parce qu’il voulait réussir sa vie, avoir des enfants et un métier. Je n’ai jamais aimé faire le ménage. Il s’en occupait. Il était vachement facile à vivre. C’est peut-être pour ça, d’ailleurs, qu’il ne voulait pas rester éternellement… Parce qu’il ne voulait pas continuer à faire le ménage dans une Villa de 320m carrés toute sa vie… De temps en temps je lui rappelait à quel point il comptait dans ma vie, et il faisait de même en en rajoutant.

Il y avait un grand jaccouzi et une piscine dans la grande Villa. C’est pour ça que j’avais pour moi, parmi toutes mes penderies; une conssacrée aux maillots de bains. J’en avait
46 à une pièce, et 52 à deux. C’était LE rêve.
Baptiste était très fort, en bricolage. Peut être même plus fort que mon père… Il avait confectionné une machine… Que… elle préparait tout ce qu’on voulait, il n’y avait qu’à appuyé sur un bouton, et… c’est tout. Mais elle n’échappait pas au feu de bois, parce que je ne sais pas ce qu’avait fait Baptiste, mais la nourriture était totalement congelée…

Il y avait plein de CD, dans la grande Villa ! Des fois, on les mettaient à fond, et on dansait sur le sable fin… C’était trop bien…
Le matin, Baptiste m’apportait le petit déjeuner au lit. C’était un « lève-tôt », Baptiste ! Il commençait tous les jours à 6h, pour faire sa muscu, sa natation, et tout et tout… Il était très petit, mon Baptiste. 1m34, ou 24 je crois… à 11 ans et demi. Alors, évidemment, c’était un eu bizarre, quand on se regardait, tous les deux côte à côte, moi, avec mes 1m69, et lui… avec ses 1m24…

Il y avait même un bar, avec une serveuse qui nous apportait des cocktails… Cette serveuse, c’était moi. De temps en temps, Baptiste partait à la pêche. Il était nul, en pêche. Il ramenait à chaque fois 3 pauvres crevettes qui se battaient en duel.

Et… un jour, il m’a apporté une bague, sur mon plateau, le matin. Il m’a fait un bisou, et m’a rapidement glissé dans l’oreille un petit « Je t’aime ». Je lui ai répondu « Moi aussi », avec ma voix toute enrouhée du matin. Ca a été le plus beau jour de ma vie. Et j’ai ajouté « Ne t’inquiète pas, je ne te quitterai jamais. je t’aime de tout mon coeur. Je veux que tu pense tout le temps à moi, alors je te donne ma bague. J’avais pris pour habitude de ne jamais l’enlever. Ca fait un an maintenant que je la garde sans interruption, à mon doigt. Je te la donne. Je t’aime » Il m’a regardée, et on s’est mis à rigoler, tous les deux, se rendant compte que la situation était totalement ridicule. Je tombait amoureuse pour la première fois de ma vie. Je ne savais pas, qu’être amoureu ça faisait mal. Surtout vers la fin.

 

 

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One Response to Mon histoire. Chapitre 6

  1. Thelma says:

    Un peu plus violent, ce chapitre de Mon Histoire. Louise grandi et ça se voit. Nouveaux personnages, nouveaux paysage, nouvel âge… Bonne lecture !

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