Mon histoire. Chapitre 6

« Oh. Encore combien de kilomètres, là, parce que je pense que j’en ai fait pas mal, déjà… Oh ! J’vois des lumières, un peu, genre… à 300 mètres… Comment j’ai pu être assez bête et ne pas penser à prendre une bouteille ? Nan mais j’abandonne, là, c’est pas possible, d’être crevée comme ça ! »

-Oh, allez, un peu de courage, Louise ! Pense à Maria ! Elle qui aurait été si fière toi !
11 minutes et 36 secondes plus tard exactement, Louise apperçu deux petits oiseaux; un était bleu, avec des taches de rousseurs jaunes sur les oreilles, l’autre avait l’air d’être plus petit, il avait des lunettes rouges, et un tee-shirt orange assorti à ses chaussures à talons… Ah, oui, effectivement, il était plus petit, et c’était une femmelle. Ils tenaient un panneau, et dessus était gravé « Souriez, vous êtes bientôt arrivés ! »

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Mon histoire. Chapitre 5

Mauricette était tout le contraire de Louise.

Sage, modèle, et franche.

Elle détestait enfreindre les règles.

Niveau école, elle avait 2 trains d’avance sur Louise.

Elle savait tout sur tout. Et d’ailleurs, elle ne manquait pas de lui rappeler. Mais Louise s’en fichait. En aucun cas elle ne voulait ressembler à cette « chose », comme elle disait.

Pourtant, Mauricette et Louise, phisyquement ? C’était les mêmes ! Les mêmes, je vous dit !

Mais bien évidement la ressemblance s’arrêtait là.

Louise s’était coupé les cheveux pour que l’on ne la confonde plus avec sa pire ennemie. Parce que même si celle-ci avait disparue de son champ de vu, quand Louise se regardait dans la glace, elle avait l’impression de la voire…

Un beau jour, Louise se rendait au collège, sans ami, sans affaires, mais la tête remplie de mauvais souvenirs de son ancienne vie.

Il était 13h30, Louise faisait une rédaction. Cette jeune fille débordait d’imagination. Elle était toujours la première à trouver une idée de jeu, avec Gaby. On ne pouvait pas s’ennuyer, avec elle. C’était impossible. Même elle; ne s’ennuyait jamais. Mais depuis quelques temps elle n’avait plus trouver de bêtise à faire, ou quelqu’un à embêter. Tout était permis, là-bas.

A un tel point que ça commençait à l’ennuyer.

La mort était le thème de sa rédaction. Cette jeune fille pleine de vie ne pouvait pas s’empêcher de penser au jour où celle-ci s’arrêterait. Où… Tout s’arrêterait. Elle ne pourrait rien dire. Rien exprimer. Morte. La mort, disait-elle; cela doit être une expérience fabuleuse.

Louise avait décris son monde comme risqué joyeux, mais… Est-ce que les deux riment ensembles ?

C’étais le train-train quotidien : Louise allait au collège, n’avait pas d’amis, volait, mais les vendeurs, ils en rigolaient, maintenant, embêtait Gaby, en lui volant sa brosse à cheveux, mais maintenant, celle-ci connaissait toutes les cachettes de Louise. Elle se faisait… s’ennuyait. Il fallait quitter la ville…

*Au château*

« Oh, tenez, la nouvelle de l’année. Marie-Josée a trouvé un petit travail, chez ma soeur, Aniette.

-Vous voulez dire… Aniette, votre soeur, la fille de vos parents ?

-Tout à fait, regardez, c’est écrit juste là !, Les parents de Louise lisaient le journal, le papa de Louise avait autant honte de sa soeur que Louise avait honte de la fille de Maria.

-Eh bien tant pis pour elle.

-Comment parlez-vous ? Est-ce une façon de parler comme ça de ma soeur ? Et puis d’ailleurs; de qui parlez-vous ? Aniette ou Marie-Josée ?

-Oh ! Eh bien des deux ! Mais en même temps : « Qui se ressemble s’assemble », comme disait… Impossible de m’en souvenir…

-Et bien je vous félicite.

« Amuses-toi bien, Maria », lança Jo à Louise. Elle allait au collège. Retrouver madame Barandon et tous les autres. Elle allait à l’école. Comme elle le souhaitait, auparavant. Mais il fallait stopper ça. Partir. Loin. Pfiou, comme si elle allait s’ammuser ! Nan mais quelle idée !

« Très bonne lecture, Emma ! Maria, tu prends la suite ?

-Euh… Oui.

… Alors le gant lui dit de faire attention à elle. Il l’aimait très fort, et tenait plus que tout à elle, il était prêt à mourir pour elle. Mais là, c’était elle qui allait y laisser sa peau. Je t’aime ! Ils étaient à Poussémin, une ville entre Villavalois et Parentoumie.

-Bien, Maria. Les enfants je vous dit à demain., ils quitèrent tous la salle, Louise s’apprêtait à faire de même, mais elle fut retenue par Mme Hervins, prof de Français. Dit dont, Maria, commença-t-elle, je te trouve très distraite, ces temps-ci. Que se passe-t-il ? C’est à cause des élèves, c’est ça ? Il se moquent de toi ?

-… ai rien à faire, d’eux.

-Hum, eh bien tant mieux, car il ne faut pas les écouter. Si je te garde plus de temps, c’est parce que je sais que tu as beaucoup de talents et que ce serait dommage de le gâcher à cause des moqueries de tes camarades, alors je voulais qu’on en parle, qu’on en discute., Louise se demandait quelle différence y avait-il entre parler et discuter. Je voulais aussi te faire savoir que tu es la première de ta classe. Ne gâche pas ça, Maria. Tu sais, je suis là.

-J’ai pas besoin de parler, merci. Je suis en retard, ma mère m’attends chez moi. Aurevoire, madame.

-Ah, d’ailleurs : tu lui feras part du conseil de classe, et pense à lui faire signer le mot pour le CPE ! Le conseil a lieu lundi qui vient, aurevoire !

-En réalité, Louise était très affectée par le comportement de ses camarades envers elle. « Oh, t’as vu sa coiffure ! » « Nan mais sérieux, t’as vu ses chaussures !? » « Elle met des chaussures à talons ? » « Pourquoi elle se maquille, elle a cru qu’elle avait 20 ans ? » Elle les trouvaient… Très immature. Louise faisait semblant de ne pas entendre leurs critiques, elle les ignoraient. Elle n’en pouvait plus, elle lachait tous les soirs, les larmes qu’elle s’était interdit de faire couler en public pendant la journée. Et si elle lâchait tout ? Si elle abandonnait ? Si elle jetait sa vie, la vie dont elle avait rêvé toute sa vie. Trop de vie. Pensons à la mort, maintenant. Stop aux moqueries. Stop à l’air de petite fille modèle qu’elle renvoyait toute la journée. Stop… A tout. serait-ce possible ? Pour le savoir faudrait-il encore le tester. « Je ne suis pas une mauviette, je ne suis pas une fillette. »

-Bon, je peux prendre la main, Victor ? Parce que pour être sincère, là on s’ennuit. Ah, comme c’est gentil.
Et puis d’ailleurs, où était cette petite ville, entre Villavalois, et Parentoumie ? Poussémin, je crois. Y a-t-il vraiment des gants qui parlent, me demandais-je ? Et des mouffles ? Qui ont le pouvoir d’aimer et d’être aimer ? Parce qu’ici, c’est pas pour dire, mais le romantisme, c’était pas vraiment ça…

C’était emballer, je partais. A la recherche de l’amour, je voulais être aimée. Il fallait trouver cette ville au plus vite !
Il devait bien avoir une ou deux mapemonde, chez Jo. Trop d’air frais, trop d’insouciance, trop de mépris, pas assez de compation. Marre !

« Salut, mec, euh dit, par hasard, t’aurais pas une mapemonde ? Non, parce que je pensais à me barrer, et à tous vous lâcher, alors… Non, c’est pas bien, ça ! »

Je cherchais une bonne méthode de le dire à Jo, en lui demandant de ne pas poser de questions…
« Jo, t’aurais pas une carte du monde, il en faut une pour la géo, et je suis la salle à ne pas l’avoir… Oh c’est vachement bien, ça ! Ouh, oui, biensour, poulette, jé t’apporrte ça tout dé suite ! »
Je me faisais le dialogue toute seule, j’étais tellement contente que je me suis mise à danser dans ma chambre ! Enfin, chambre… je dormais dans la chambre de l’ancienne bonne de Gaby, elle avait démissionné jugeant que Gabrielle ne la payait pas assez. Ah, c’est lui, par la fenêtre, là ! Je me suis mise à crier :

« Salut, mec, t’aurais pas une carte du monde, j’en ai besoin, pour le collège, et je suis la seule qui n’en a pas…, Jo s’est retourné, et au bout quelques secondes a compris que c’était à lui que l’on parlait.

-Si, si, cé sora dox éros !

-Jo, j’suis à bout, en ce moment, fais moi une faveur, qu’est-ce qu’il t’arrive ?

-J’en ai marre qué tou mé pique toute mes choses.

-Je ne te reconnais plus…

-Mais jo blague, ma chéwi, c’est quand tou vox, mais pas mainténant, jo vais à la pêche, jo rend service à mon fwéwe. Pot-être oune autré fois ! Salout, poulette !

-Jo, j’en ai besoin maintenant, je suis externe, là, mais faut que je révise, on a un contrôle dans dox hores, euh… dans deux heures !

-Ca tombé bien, parcé qué ça né prend quo trente minoutes dé pêcher… Mas si tou insistes, jo to lance la clef, et c’est à côté des frouits et légoumes. Tiés, potite chipie ! Mas tou n’en profité pas, hein ?, Il lança la clef, et parti, tout content, Je me disais que c’était la dernière fois que je voyais son sourire parfait. Je connaissais les ruptures difficiles… C’est comme si… ton coeur se brisait pour la deuxième fois, et que tu sentais que la troixième serai la bonne. Mais après je revenais à la réalité, et me disais que l’on ne pouvait mourir d’une rupture. Notre coeur est juste vide. Rempli d’un gros creu. Sans amour. Sans haine. Allez, on arrête les pensée péssimistes. L’instant était tellement déprimant que je ne pris même pas la peine de réaliser ce qu’il m’arrivait. Je pris un des 10 sacs que j’avais volé, celui avec un oiseau dessiné dessus, le signe de la liberté. Je mis dans ma liberté mon maquillage, 4 robes, mes lunettes de soleil noires à paillettes, une pincé de pensé d’amour, mon nouveau portable que j’avais eu à Noël par Jo, mon livre de poèmes sur Paris, et beaucoup d’amour pour Gabrielle.

Adieu, la « mort », à moi l’amour.

 

 

 

 

 

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Mon histoire. Chapitre 4

« …ouais, c’est ça ! Salut, Jo !
Je m’étais fait des amis. J’étais la plus connue de la ville.
Je m’étais inventé un faux prénom. Je m’appelais Maria.
J’avais apris son décès peu de temps après avoir volé l’épée.
C’est à dire il y avait 5 mois.
Je l’avais apris par inadvertance, un jour en lisant le journal,
qui s’intitulait « La petite nouvelle » Pour moi c’était bien plus qu’une petite nouvelle. Mais biensûr, je n’étais pas censée le montrer. Jo me réconfortait. Je lui avait dit que c’était parce que j’avais perdu une de mes boucles d’oreilles. Il devait me prendre pour une mauviette.
Jo, c’est le vendeur de boucles d’oreilles. Je lui en avait volées plus d’une paire !
Mais depuis quelques temps, j’arrêtais de voler. Parce que les vendeurs me connaîssaient bien et savaient que j’avais bon fond.

Cela faisait bientôt 10 mois que j’avais quitté ma famille, et 7, que j’allais à l’école.
Mes profs étaient… Bon, évidement, un prof n’est jamais ‘très gentil’, mais ça va, ils étaient tolérents, et sympas. Mais ce qui est bien, quand on fugue et qu’on va à l’école, c’est que l’on ne peut pas faire signer les mots ! Mais bon, en même temps, à cause de ça, je n’allais à aucune sortie…

A l’école, on étudiaient les poèmes. Ce sujet me passionnait. On m’avait donnén plein de livres, sur les poèmes, j’adorais ça. J’éssayai même d’en faire quelques-uns moi-même ! Je n’étais jamais vraiment satisfaite du résultat, mais au moins ça passait le temps. Je les lisais à grand-mère.
J’avais rencontré une petite mamie, à la bibliothèque, elle cherchait un livre. Je l’avais aidée à le trouver…

-Hum…

-Bon, d’accord, je ne l’avais pas vraiment aidée, on avaient juste tapée la causette. Depuis ce jour, je venais tout le temps chez elle. Je lui parlais de la vie du collège, mais surtout, je lui lisais les poèmes que l’on étudiaient.
Je voyais dans ses yeux qu’elle aussi était passionée. Elle m’avait dit que j’avais vraiment un don, et que j’étais très forte pour raconter les histoires, ou bien lire les poèmes. Nos préférés étaient ceux-ci :

  • Sur le Pont Neuf  j’ai rencontré

D’où sort cette chanson lointaine

D’une péniche mal ancrée

Ou du métro Samaritaine

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré

Sans chien sans canne sans pancarte

Pitié pour les désespérés

Devant qui la foule s’écarte

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré

L’ancienne image de moi-même

Qui n’avait d’yeux que pour pleurer

De bouche que pour le blasphème

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré

Cette pitoyable apparence

Ce mendiant accaparé

Du seul soucis de sa souffrance

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré

Fumée aujourd’hui comme alors

Celui que je fus à l’orée

Celui que je fus à l’aurore

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré

Semblance d’avant que je naisse

Cet enfant toujours éffaré

Le fantôme de ma jeunesse

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré

Vingt ans l’empire des mensonges

L’espace d’un miséré

Ce gamin qui n’était que songe

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré

Ce jeune homme et ses bras déserts

Ses lèvres de vent dévorées

Disant les airs qui le grisèrent

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré

Baladin du ciel et du coeur

Son front pur et ses goûts outrés

Dans le cri noir des remorqueurs

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré

Le joueur qui brûla son âme

Comme une colombe égarée

Entre les tours de Notre-Dame

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré

Ce spectre de moi qui commence

La ville ç l’aval est dorée

A l’armont se meurt la romance

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré

Ce pauvre petit mon pareil

Il m’a sur la Seine montré

Au loin les taches de soleil

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré

Mon autre au loin ma masacrade      

Et dans le jour décoloré

Il m’a dit tout bas Camarade

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré

Mon double ignorant et crédule

Et je suis longtemps demeuré

Dans ma propre ombre qui recule

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré

Assis à l’usure des pierres

Le refrain que j’ai murmuré

Le rêve qui fut ma lumière

Aveugle aveugle rencontré

Passant avec tes regards veufs

Ô mon passé désemparé

              Sur le Pont Neuf

Aragon, Le roman inachevé, 1956

  • Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Et nos amours

Faut-il qu’il m’en souvienne

La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face

Tandis que sous

Le pont de nos bras passe

Des éternels regards l’onde si lasse

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

L’amour s’en va comme cette eau courante

L’amour s’en va

Comme la vie est lente

Et comme l’Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines

Ni temps passé

Ni les amours reviennent

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

Guillaume Appolinaire, Alcools, 1913

C’est vrai que comme ça on dirait pas trop qu’j'suis fleur bleue. Mais au fond, je suis une grande sentimentale. Avec mamie Gaby on les a appris par coeur.

J’allais presque tous les jours au collège, et la raison de mes quelques absences était Gaby.

Elle avait beaucoup vieilli, par rapport au premier jour, à la bibliothèque. Elle ne savait même plus lire.

Gaby, je l’adorais. Elle était tellement mignone quand elle me regardait avec ses grands yeux verts ! J’avais énormément confiance en elle. Je la connaissait comme ma poche. L’ennui, c’est qu’elle, ne connaissait rien de moi. Pas même mon(vrai) nom.

Parfois, je me demandais si je ne devais pas tout dire à Gaby. Mais directement après je me disais : ‘Si Gaby sait, Jo est obligé de savoir.’

Mais après, ça allait faire trop de personnes au courant. J’étais obligée de me refermer sur moi-même. Parce que les 2 chose que les gens ignoraient à mon sujet c’était

  1. mon secret
  2.  et en deuxième, c’est que s’ils ne savaient pas mon secret. Ils ne savaient rien de moi.

Eh ouais, les mecs, je ne suis pas qu’une simple voleuse, maligne je suis une princesse. Celle dont vous vous plaignez à longueures de journées : ‘Oh, mais pourquoi ils nous embêtent avec ça ? Ils remplissent tous les journeaux de cette pourrie-gâtée ! Moi j’dis qu’c'est un coup monté et qu’ils ont fait ça juste pour gagner du fric !’

J’étais tellement confuse, quand j’entendais ça !

C’était moi la fille que tout le monde adorait… et que… tout le monde détestait, aussi… je crois que… je crois que… j’ai besoin de vomir ! Je te laisse prendre la relève, Victor !

-  Oh, merci !!Louise fonça aux toilettes. Mais bon. On s’en fout, de ça. Il faut que je vous raconte l’histoire.

Au village de Mouloud, quand on demandait à Louise ce qu’elle voulait faire plus tard, elle répondait « Je veux travailler dans une maison de retraite. » Parce que Louise n’avait pas peur de dévoiler ses émotions, ses goûts, ses dégoûts, ses peurs, ses haines, là-bas…

Mais au palais, quand on demandait à Louise ce qu’elle voulait faire plus tard, mis à part être reine, elle répondait qu’elle ne savait pas. Qu’elle y réfléchissait, et qu’elle hésitait.

Louise se sentait parmi les siens, dans la rue du marché de Mouloud elle était on ne peut mieux à l’aise. Mais pourtant, s’il y avait un endroit où elle n’aurait pas du être, c’était bien celui-là.

Et son absence pesait, au château. Maintenant, les gardes du corp garde les chiens de garde, les parents disaient qu’ils s’ennuyaient, sans leur fille. Car, comprenez-les : à qui pourraient-ils bien montrer leurs nouveaux habits, désormais ? A Marie-Josée ? Non, certainement pas, cette dernière avait étée virée, ou plutôt, elle avait démissioné. Selon le Roi et sa femme, quand elle est partie, elle avait l’air bien décidée à retrouver Louise.

Mais il n’y avait plus de doute, quand ils trouvèrent le papier sur le lit de la bonne :

« Objectifs :

  1. Retrouver cette peste Louise
  2. La punir
  3. La remettre au bon endroit… j’me comprend !
  4. En finir « 

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Mon histoire. Chapitre 3

« C’est bon, j’ai le pince-nez, la perruque, mes lunettes avec les verres en forme de coeur, les chaussons, le voile sur la tête, le sac à main, et… maintenant il ne me reste plus qu’à courir ! »

« -Louise avait dévalisé le rayon ‘Les déguisements de Mouloud’, mais il y avait un hic : Elle n’avait pas payé.

Le vendeur venait juste de s’en apercevoir, mais il n’apercevait plus la fillette.

-Eh ! J’suis pas une fillette !

-Hum, très bien. Car peut-être que c’étais la première fois de sa vie qu’elle volait, mais s’il y avait bien une chose dans laquelle Louise n’avait pas son profil en « amateur », c’était l’athlétisme.

Elle faisait ça avec sa tante, la mère de Mauricette.

-Eh !

-Oui, pardon : la mère de la nièce du père de Louise. En l’occurrence, Maria de la Fontaine.
Louise adorait Maria. Mais bien-sûr; pas plus que Marie-Josée !

-Bah oui ! Bien sûr !

-Arrête de me couper : j’étais lancé ! Où en étais-je… Ah oui, tout à fait, voilà ! Ça me revient !

Maria était très dynamique. Elle était grande, environ un mètre quatre-vingt, rousse, aux yeux bleu azur, avec des taches de rousseurs, toujours en jogging, elle aussi, étant plus jeune s’était échappée de son logis. Sauf qu’à l’époque, c’était des présidents de la république qui gouvernaient le pays.

Maria était divorcée, et dans le pays elle était vraiment très mal vue. Mais bon, pourquoi résiter à son grand amour, qui était l’athlétisme ?

Elle fumait des Camel, avait une voix très aigüe, et détestait par-dessus tout la musique.

Maria était une grande athlète, mais il y avait quelques années, elle s’était blessée et ne pouvait plus courir.

C’était l’évènement qui avait changé sa vie.

Alors à chaque fois que Louise courait, elle pensait à Maria.
Maria qui lui disait que quoi qu’il arrivait, elle ne lâchait pas prise.
Elle ne lâchait pas. Elle reste elle-même, c’est-à-dire, forte.
Louise est forte. Et ceux qui sont forts peuvent se battre.

Ils peuvent se battre.

Cela faisait quelque temps que Louise s’était échappée. Elle achetait plein de magazines. Tous, ils parlaient d’elle.
Louise adorait que l’on parle d’elle.
-Pourquoi t’utilises l’imparfait ? Ça n’a toujours pas changé !
-Elle s’était coupé les cheveux. Toute seule, avec une épée. Comme dans les films.
Cette épée, elle ne se l’était pas achetée. Elle ne l’avait pas volée non plus, d’ailleurs.
Le vendeur trouvait la…
-Pas fillette.
-… La… On va dire, euh… La très jeune femme, on va dire… La très jeune femme vraiment très belle,  alors il lui avait offert l’épée.
Louise avait été flattée. C’était la première fois qu’on lui disait en face qu’elle était belle à en tomber par terre.
-Je me rappelle encore de notre petit dialogue :
‘Bonjour, c’est combien, l’épée ? … En sachant que je n’ai que 3€ 50…
-Oh, mais ma très chère demoiselle, je veux dire… Très belle, demoiselle pour vous, elle sera gratuite !’

Louise avait profité de son charme, pour emporté tous les autres déguisements avec elle. Bien que cette épée ne soit point un déguisement, Louise se demandera toujours ce qu’elle faisait au beau milieux de pircings et de chaussures à talons. Le vendeur, un peu confus n’osa pas montrer son sentiment, et se contenta de dire :

‘Hum… et si vous voulez laisser un pour boire, c’est juste là… Aurevoir; belle demoiselle.’

« Louise était belle. Elle était grande, j’entends par là que tout le monde l’honorait. Elle réalisa entièrement son rêve. Et elle avait enfin adopté son look favori.

-J’étais libre, recherchée, et rock n’ roll.

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Mon histoire — Chapitre 2

Je venais de franchir le seuil de la grille. Seule. C’était la première fois que je le faisais. Et pourtant, cela faisait si longtemps que j’en rêvais !

Je nageais dans le bonheur. À tel point que j’avais oublié un petit détail qui venait de me revenir. J’avais tout planifié, mais il manquait un truc. Qui paraîssait banal, mais c’était pourtant pour ça que je m’étais échappée. Tout à l’heure je parlais d’un monde de risques, de suspense, de je ne sais plus quoi, et d’amour, mais… où est-ce que je vais pouvoir le trouver ce monde ? Avec 3 € 50, je ne pourrai pas aller bien loin ! Car ce pays-là, c’était le pays de mes rêves. Mais il faut prendre quelle direction, pour s’y rendre ? Quel temps ferait-il, là-bas ? Aurais-je assez de sous pour me payer un parapluie ? Tout d’un coup j’éclatai de rire. Je n’avais plus de logis, et j’étais en train de penser à un parapluie ?

Puis je pensai au film que j’avais vu à la télé, l’autre soir, avec Marie-Josée, l’infirmière. Quand on n’avait pas mis de serviette et qu’on s’était commandé des pizzas, avec le cuisinier. Qu’est-ce qu’on avait ri, ce soir-là ! Ce n’était pas un film, mais un documentaire. Je crois bien que c’était sur Interbleu. Et que le sujet était… « La famine en France ». D’ailleurs, je me demande pourquoi on avait ri… Ça parlait des gens qui faisait la canche, un truc dans le genre… ils étaient assis par terre et demandaient des sous. Marie-Josée m’avait dit que c’était leur métier. Et que c’étaient des S.D.F.. Oui, mais que dirait les gens s’ils voyaient la plus grande princesse du monde faire la canche ?

Je ne sais pas… pas encore partie ?

Eh non, Louise était toujours devant son ex-château à réfléchir à une solution…

« Mais, Victor ! Laisse-moi parler !

— Hum. Oui, pardon. Vas-y, Louise.

— Voilà, à cause de toi, je ne sais plus ce que je voulais d… Ah si ! »

Eh bien… voilà mon idée : de toute façon, après ce que je viens de faire, qu’est-ce que je pourrai faire de pire ? Je pensais à voler. Non, pas à m’envoler, mais genre… à voler ! Il y avait un magasin à 2 heures de car d’ici. Mais d’où un pauv’ car passerait devant un château ? Mais en même temps : comment faire la canche dans la campagne ?

« Vas-y, Victor, je t’autorise à résumer la situation. »

Louise parlait toute seule au milieu de ce grand vide, de ce silence assourdissant, et de cette pure tristesse. Elle regardait autour d’elle.

À droite ? Rien.

À gauche ? Rien.

Devant ? Egalement.

Et derrière ? Pareil… Tiens ? Qu’est-ce ? Il me semble que l’on appelle cela une clôture…

« Une voiture, imbécile !! »

Oui, pardon. Une voilure.

« Pfff… »

Louise avait déjà aperçu ça quelque part. « Mais oui, se dit-elle ! Bien sûr ! C’était l’engin que prenait ses parents pour aller faire du shopping ! Louise fonça immédiatement dessus ! « Mais pourquoi ça ne s’ouvre pas, se dit-elle ? » Ah mais oui ! Pour ouvrir une voilure, il fallait casser la vitre. Louise l’avait apris quand elle avait regarder « Le voyageur sanguinaire », avec Marie-Josée. Cette super histoire interdite aux moins de 16 ans !

— Oh oui, vraiment super !, renchérit Louise.
— Mais je viens à peine de le dire ! Et puis… on est dans la vraie vie, là ! C’est comme si tu disais « Tiens, j’ai faim, j’vais m’acheter du taboulé » et que moi, direct, j’te disais « dit Victor ».
— Là, on est dans la vraie vie, mais les gens qui liront le livre, eux, seront dans la vraie vie ? Euh… Nan… C’est pas ce qu’il fallait dire. Oublie… Par exemple, là, tu fais une autobiographie. Et quand on fait une autobiographie, c’est nous qui parlons, alors ça ne s’appellerait pas comme ça si je n’écrivais rien de ce que tu disais ! Il faut ton point de vue, aussi, c’est un livre, je te rappelle !
— Ah… et « renchérit Louise » c’est mon point de vue, peut-être ?
— Rôôôh ! Non ! Mais on ne va pas balancer toutes les phrases comme ça ! Tu comprends ?
— Répondit Victor.
— Bah au moins tu as compris ! Bon… où en étais-je… Laisse-moi parler, maintenant !
— Renchérit V…
— Stop !

Bref… Alors, Louise déchira sa robe.

« Je désirais le faire depuis si longtemps ! »

Elle enroula son bras avec le bout de tissu qu’elle venait de découper déchirer, et cassa la vitre. Une chance, il y avait les clefs, sur le… Je ne sais pas comment cela s’appelle…

— Le contact. Répondit Louise.

Le contact. Merci. Elle tourna la clef, le moteur gronda, et la voilure démarra. Elle ne savait pas où elle allait. Elle ne savait pas ce qu’elle faisait. Elle ne savait pas si elle rêvait. Mais elle savait au moins une chose : qui elle était.

Louise de Gounon.

Très forte de caractère.

À la pointe de la mode.

Elle se serait décrite comme petite et moche, mais elle plaisait aux garçons. Du moins… aux deux seuls qu’elle avait rencontré, sans compter son père. Ils étaient les fils de la meilleure amie de sa mère.

Louise avait un teint foncé, sa mère lui disait qu’elle ressemblait à une petite espagnole, mais surtout quand elle mettait ses créoles et qu’elle s’attachait les cheveux. Sa mère adorait quand Louise s’attachait les cheveux. Non pas parce qu’on pouvait bien voir ses beaux yeux verts, mais parce que, selon elle, Louise paraissait plus distinguée, et modèle. Louise détestait être modèle et distinguée. Louise avait l’ésprit rock. Le look lui allait très bien. Mais elle ne pouvait se montrer comme ça qu’une seule fois par an, à Halloween, car sa mère trouvait que ça faisait peur. Pourtant, ça faisait ressortir sa beauté irrésistible.

— Pfff, arrête, j’suis trop moche… Mauricette est trois fois plus belle que moi…

— Arrête ; pense à la chanson d’Alain Bashung : « Gaby j’t'ai déjà dit qu’t'es bien plus belle que Mauricette, qu’est belle comme un pétard qu’attend plus qu’une allumette ! »

Louise adorait cette chanson. Quand à Mauricette, si vous vous demandez qui c’est, c’est la nièce de son père. Louise préfère qu’on présente Mauricette comme ça. Parce qu’elle ne pouvait pas accepter que sa pire ennemie soit sa cousine. Louise était perdue dans ses pensées, à se dire que quoi qu’il arriverait, elle savait d’où elle venait, comment elle s’appelait, qui l’aimait, et… qu’elle était arrivée en ville. Mais pas n’importe où en ville : dans la rue du marché de Mouloud.

Ce marché était mondialement connu, et un jour, Louise en avait entendu parler aux infos, sur son portable. Oooooooooooooh elle avait oublié son portable ! Mais bon, elle se rappelait quand même qu’on était mercredi et que c’était le mercredi et le vendredi, ce marché. Waouh ! Elle était chanceuse ! En plus elle se trouvait pile devant le rayon déguisement. Mais oh, quand elle y pensait ! Tout le monde allait la reconnaître !! Louise pensait à quelque chose qu’elle avait emmené pour passer incognito… qu’était-ce, déjà ?

— Mon chaperon.

— Mais chuuuuuuuuut ! Laisse le suspense ! Bah voilà, maintenant t’as gâché la surprise !

— Son chaperon. Où l’avait-elle mis ?

— Dans le coffre.

— Ouais. Je veux dire : oui.

Elle ouvrit le coffre. En sortit son sac, chercha son chaperon, mais il n’y était point. Elle avait dû se tromper, croire qu’elle l’avait emporté… Alors, pour la deuxième fois, elle déchira sa robe (alors qu’en passant je note qu’elle aurait pu prendre le premier bout qu’elle avait déchiré au début, pour casser la vitre de sa voiture. D’ailleurs, elle n’avait pas l’air bête, avec sa vitre cassée, dans le village…).

— On s’en fout de ce que tu notes, t’es le narrateur. Alors maintenant j’aimerais que tu arrête de te foutre de moi et que tu fasses ton boulot. Merci.

— Désolé de cette petite interruption…

— Pfff…

— Je reprends. Elle déchira sa robe, et mit le bout de tissu sur sa tête. Elle referma le coffre, et s’en alla, sans prendre le temps de refermer la porte de sa voiture. À quoi bon ? De toute façon, c’était une voiture volée, avec une vitre cassée. Et puis au pire, elle en volerait une autre, en déchirant un troisième morceau de sa robe.

— Très drôle.

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Mon histoire — Chapitre 1

Il était une fois, dans un château très lointain… Nan, j’ rigole, allez on la r’fait :

Moi, c’est Victor. Et « ça », c’est Louise (une princesse). Je précise une  »princesse », parce que, quand on l’entend parler, on dirait pas. Et d’ailleurs, le mieux, c’est peut-être de la laisser parler pour qu’elle vous raconte son histoire elle-même…

***

Donc, je m’présente, je m’appelle Louise, j’ai 11 ans ET DEMI, et… Malheureusement, je suis une princesse. Vous vous demandez pourquoi je dis « malheureusement » ?

Eh ben si vous vous posez cette question, mesdames et messieurs, on peut être sûrs d’une chose : vous n’avez jamais été princesse !

On n’a pas une minute à soi ! Et même pas quand on dort, car il faut bien mettre la couette comme il faut, et si UN bout de drap dépasse plus d’un côté du lit que de l’autre… Oooh c’est la mort.

A 11 ans et demi on a besoin de se défouler, non ?

Et ben, ouh-la-la ! J’vous raconte pas comment j’me défoule dans mon palais ! J’suis entre mes deux gardes du corps  toute la journée, et si je bouge d’un centimètre, ils ont un petit temps de réflexion, me prennent par le bras, et me remettent à ma place précédente.

Et ici, j’ai le droit de sortir seulement quand il fait beau.

Mais mes parents n’auraient jamais édicté cette règle s’il ne pleuvait pas tous les jours !

Le SEUL moment agréable dans la journée, c’est le réveil. L’infirmière vient dans ma chambre avec la PLUS GRANDE  discrétion et commence par me caresser toutes les parties du visage ; ensuite, elle me caresse doucement  les cheveux (avec ses mains, oui, car elle ne met pas de gants, pour me toucher, elle !) et tout en douceur, je me réveille.

Moi, je l’aime bien, mon infirmière. Mais chaque matin, je prend sa main pour un réveil : bipbipbipbip-bipbipbipbip. Les hirondelles pour des voitures : tùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùùt vroumvroum ! Les rideaux pour des volets qui grincent fort ! (Nan, ça je ne peux pas l’imiter, désolée de vous déçevoir !) Et le petit message « Petit déj’ ! Miam ! :D  » qui s’affiche sur mon portable le matin pour un : « éééécoooleee ! » C’est vrai, quoi ! Pourquoi une princesse est-elle obligée de vivre à la campagne et avoir des cours particuliers ? Pourquoi une princesse n’a-t-elle pas le droit d’avoir d’amis ? Pourquoi une princesse a l’impression de mourir à chaque seconde qui passe ?

Hum, bon… comme je l’ai dit, c’est bien le seul moment agréable. Car après, il faut attendre une heure avant de m’habiller. Parce qu’il faut laisser le temps à mes parents et à quelques servantes d’aller m’acheter une nouvelle robe.

Eh oui ! Vous avez bien compris ! J’ai une nouvelle robe tous les jours !
Donc je ne vais pas rester les bras croisés pendant une heure tout de même…

***PLACE AU P’TIT DÉJ’***

Dès que j’entre dans la cuisine (de 240 m2) (mais moi je l’appelle « mon p’tit’ studio » !) une des quarante-deux servantes de l’étage (nan parce qu’en tout, il y en a cent soixante-huit, comme il y a 4 étages) se précipite vers moi et mes gardes du corps, bien sûr, pour m’apporter  un bol en argent, une cuillère en or, une assiette avec les bords en or et le milieux en argent, et un couteau en or.

Tout d’abord, je remplace la cuillère en or par une cuillère en plastique que j’ai trouvé par terre un des rares jours où j’étais autorisée à  sortir. Bien sûr, après, comme je n’étais pas censée la ramasser, je l’avais lavée en cachette.

J’avais pris cette cuillère en plastique, parce que ça m’faisait un peu oublier ma vie de princesse et ça me faisait penser à la liberté…

J’entends la porte d’entrée claquer. Mes parents déboulent avec quelques servantes dans la cuisine.

Ma mère, qui était tout à la fin de la file indienne, dépasse tout le monde pour se mettre bien en évidence devant moi, une robe sublîme à la main.

« Tenez ma fille, voici une nouvelle robe pour vous. Nous avons fait  tous les magasins rien que pour la trouver ! »

Ma mère répète cette phrase tous les matins. Bien sûr, j’était contente, mais je voulais vivre une vie normale, et les filles de mon âge qui vivent une vie normale n’ont pas une nouvelle robe tous les jours !

Mais un matin… Ouah ! Qu’est-ce que je vois ? Elle est allée à mon magasin préféré ? Top Miss ? Trop classe !

« Ah… euh… merci… infiniment, Mère. »

Elle était sur le point de partir, mais je la retins.

« Euh Mère, je voulais savoir si je vivais une vie normale. »

J’étais toujours angoissée quand je lui parlais.

« Eh bien ma fille, vous êtes une princesse et par rapport aux autres, non, vous n’avez pas une vie normale, vous avez une vie meilleure. »

Cette phrase me choqua. Non, décidément, personne ne me comprenait ! À part l’infirmière de mon étage (celle qui me réveille le matin).

Les jours passaient, sans que je n’adresse la parole à personne sauf à mon infirmière favorie !

Je lui confiait mes peurs, mes soucis, mes secrets, quoi !

C’est alors que je me suis rendu compte que c’était la personne la plus  sympa que je n’eus jamais rencontrée. J’aurai voulu que ce soit elle ma gouvernante, ou mieux… Ma mère.

Tous les jours, je continuais à refuser mes robes, à manger avec ma cuillère en plastique. Cela faisait une semaine que je gardais la même robe, et que mes parents avaient perdu la confiance qu’ils avaient en moi… Bon, ils n’en avait déjà pas beaucoup, mais c’était déjà ça. Ça me déprimait de voir mes parents sortir tous les matins en me laissant toute seule car on ne peut pas vraiment dire que mes gardes du corps me tiennent compagnie… Et, un beau jour, mes deux gardes du corps, tombèrent malade en même temps. Mes parents apprirent la nouvelle, et décidèrent de leur donner quelques jours de congé. Les deux gardes du corps se firent remplacer par… Alors? Vous avez deviné ? Par… Oh! Moi non plus, je n’arrivais pas à le croire ! Ils se firent remplacer par mon infirmière favorie !

TOUS les matins ça allait être le RÊVE !  J’étais persuadée qu’ensemble, on allait en faire plein, des bêtises ! On n’allait même pas prendre notre douche, on ne se brosserait pas les dents, et on renverserai de la confiture sur notre robe parce qu’on n’aurait même pas mis notre serviette, je ne ferai même pas mes devoirs, et ne fermerai pas mes rideaux le soir, avant de m’endormir, on se coucherait à pas d’heure (comme dit ma mère) !

Et… Mesdames et messieurs, je songeai encore à une énorme bêtise. Mais celle-là serait à faire toute seule, rien que moi. Une bêtise qui dépasserait toutes les limites. Une bêtise sans nom. Ou alors, je ne le connaîs pas, ce nom. On doit certainement l’apprendre à l’école…

J’ai honte de vous le dire. Mais bon… je suis censée vous raconter mon histoire, alors je la raconte jusqu’au bout !

  • En fait, je pensai à… partir. Cette idée peut vous paraître bizarre, mais à ce moment-là, ma vie était un vrai enfer. Je ne vous ai pas raconté à quel point mes parents me détestaient depuis la conversation avec ma mère. Donc ça ne les rendrait pas tristes. La SEULE personne que ça rendrait triste était mon infirmière. Ça me faisait de la peine de savoir que sur Terre il n’y avait qu’une seule personne qui tenait à moi. Mais, en même temps, je ne connaissait vraiment pas beaucoup de monde. Et, si j’ partais, l’infirmière allait avoir de gros problèmes avec mes parents. Et elle allait être virée. Car, même s’ils ne m’aimaient pas, j’étais quand même leur fille !

Je décidai donc de rester quelques jours à la maison pour réfléchir à cette grande décision, mais pas trop quand même, sinon, les gardes du corps reviendraient.

Je restai encore à la maison pendant quatre jours, et, pendant ces quatre jours, tous les matins c’était la pagaille au palais, et mes parents avaient arrêté d’aller m’acheter des robes en croyant que ça me rendrait triste. Et à la place d’aller m’acheter des habits, ils allaient s’en acheter. Et au bout du quatrième jour, et du dernier, en début de matinée, j’appris que les gardes du corps revenaient le lendemain. C’était le moment ou jamais de partir ! Mais je n’avais même pas prévenu mon infirmière ! Pas grave, de toute façon, elle n’allait jamais accepter l’idée de ne plus me revoir, et moi, l’idée de rester bloquée entre ces deux patapoufs !

Il fallait partir pendant qu’elle prenait sa douche (les gardes du corps, soit ils ne prennent pas de douche, soit ils t’emmènent dans leur douche) ou je sais pas moi !

J’étais perdue dans mes pensées quand… BAM ! la porte des toilettes se referma. Ça m’faisait d’la peine, mais je n’avais pas le temps de réfléchir, c’était l’instant de ma vie, ma révélation. Ma vie était entre mes mains :

  1. Soit j’gagnai beaucoup de fric et j’ me mariai à 14 ans avec un mec de 50 ans qui ne m’aimerai même pas pour ce que je serai, et me tromperai toujours pendant que je prendrai mes cours d’anglais,
  2. Soit je m’enfuiyai, on entendrai parler de moi dans tous les journeaux, tout le monde serai à ma recherche , un monde de risques, de suspense, de liberté, et peut être d’amour, qui sait ? Je courus jusqu’à ma chambre, me rammassai de ma gamelle (je m’étais tué la cheville), fit ma valise en un rien de temps, je mis dedans :
  • Ma cuillère en plastique,
  • Une seule robe,
  • Ma collection de chaussettes à pois,
  • Mes lunettes de soleil avec les verres en forme de cœur,
  • Quelques pièces de monnaie et
  • Un chaperon, pour passer incognito.

L’instant était tellement magique que je ne pris même pas le temps de réaliser ce qu’il m’arrivait. C’était un nouveau départ. A moi la belle vie, à dieu la mélancholie…

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Le pays mystérieux — Chapitre 8

Il est minuit ; tout naturellement, Louise ne s’est pas endormie… mais non ! Depuis qu’elle est dans son lit, elle n’a pas réussi à fermer l’œil, elle est trop obsédée par l’idée de la pièce mystérieuse qui se trouve juste à coté de sa chambre !

Pour elle c’est un défi de ne pas aller vérifier ce qui est dans la pièce mystérieuse…

Minuit dix, Louise se lève ; qui aurait pu imaginer que Louise allait rester bien sagement dans on lit et résister à l’envie de pénétrer dans la pièce en question ?

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la suite du « pays mystérieux » arrive TRÈS bientôt !

La suite du « pays mystérieux » arrive très vite !

(Désolée pour cette si longue attente)!

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Les voyelles — le U

Le U, j’attends qU’il mÛrisse poUr le cUeillir.

Mais il faUt qUe je le fasse avant la lUne parce qUe le U ne m’attend plUs.

Avec sa petite taille, il n’est pas grand-chose.

La discUssion est close : je vais le cUeillir.

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Le pays mystérieux (7)

Le  magicien répondit avec sa voix un peu étouffée :

« Suivez-moi, je vais vous faire visiter les chambres. »

On monta des escaliers en colimaçon interminables !!!

À la 1900e marche (la dernière), nous sommes arrivés dans un tout petit couloir avec trois portes : les portes des chambres.

Mais sur la troisième porte, qui était fermé à clé, était inscrit : « Réfléchissez bien avant de pénétrer dans cette pièce !!! »

Ils entrèrent dans leurs chambre pleines de couleurs.

Louise était une petite fille TRÈS CURIEUSE et cela lui tracassait l’esprit de savoir qu’elle avait une chambre secrète à côté de sa chambre !…

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